J'ai passé deux journées merveilleuses.
Et j'ai envie de parler de mon frère. Mon grand frère. Parce que ce qui m'unit à mon petit frère est différent de ce que je vis avec le grand. Beau aussi mais différent.
Parce que lui, il a déjà tout vécu avant moi, ou en tout cas beaucoup de choses. Je peux lui demander conseil, parler sans tabou avec lui, et même si je ne dirais pas qu'il me connait bien, il connait des facettes de moi que peu de gens connaissent. Il me connait différemment. Plus naturellement.
Tout n'est pas toujours rose entre nous, mais je sais qu'il sera toujours présent. Il m'a ammené une soeur, celle que je n'ai jamais eu.
Ca devient de plus en plus dur de se voir, parce qu'aucun de nous deux ne vit plus à Bourges, on commence à avoir notre vie ailleurs. Il sait bien que je n'attends qu'une chose : partir. Mais je pense qu'il sait que je reviendrais, pour le voir, pour la voir, pour revenir à Clermont, cette ville que je connais peu mais que j'aime tellement. Parce que tout parait plus simple là bas, tout parait plus beau. J'en viens même à aimer le trajet en voiture, même quand je ne prends pas l'autoroute et que je conduis pendant trois heures pour passer deux jours dans cette ville.
Parce qu'il occupera toujours une place pour moi, et que chaque instant passé ensembles, même s'il est passé à se disputer, est plus beau que le précédent.
Parce que même si on n'est pas photogénique, et qu'il tire une sale tête sur notre photo de ce week end, même si dans quelques années je partirai, et qu'il restera en France, je sais qu'on se reverra, que je reviendrais le voir, juste pour aller jouer dans la neige comme des enfants, pour retourner à Nature & Découverte, pour reprendre le tramway, pour lui soutenir que le tram c'est plus rapide pour aller à Jaude que les jambes, pour avoir raison, pour recroiser des limousines la nuit près de Liddl, pour ré-entendre le bruit de porte de prison du portail de la résidence, pour retraverser comme une dingue, pour retourner dans son appart et l'embêter, pour retourner chez elle, où on est si bien, et pour tout un tas d'autres choses.
Je me rappelle de ce mal au bide quand j'ai quitté la maison, quand je suis allée vivre en Allemagne, quand je suis partie pour Blois, et qu'il est parti pour Clermont. Parce que je savais que quelque chose changeait, mais heureusement, certaines choses ne changent pas aussi facilement.
Parce qu'on ne choisit pas sa famille, mais que je pense qu'on l'a bien choisie pour moi !